Le retour de Lorenzo Insigne dans le Pescara de Verratti tourne au cauchemar

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Lorenzo Insigne a fait son retour à Pescara cet hiver, recruté gratuitement pour tenter de sauver le promu de la relégation. Mais à peine arrivé, son impact sur le terrain se fait attendre, et ce qui devait être un retour triomphal tourne déjà au fiasco.

Dix ans après avoir quitté les rives de l’Adriatique pour s’imposer au sommet du football européen, Marco Verratti a choisi de revenir là où tout a commencé, dans un geste aussi inattendu que profondément symbolique. Formé à Pescara et révélé lors de la légendaire saison 2011-2012 sous Zdeněk Zeman, aux côtés de Lorenzo Insigne et Ciro Immobile, le milieu de terrain avait quitté son club formateur dès l’été 2012 pour rejoindre le Paris Saint-Germain.

S’en était suivie une décennie de succès, de titres nationaux, de campagnes européennes intenses et une consécration suprême avec le sacre à l’Euro 2021 avec l’Italie. Mais en juin 2025, Verratti ne revient pas en joueur star ni en figure médiatique, il revient en bâtisseur. En cours de finalisation pour le rachat de 50 % des parts du club à hauteur d’environ 1,7 million d’euros, l’ancien maestro parisien s’apprête à devenir copropriétaire d’un Pescara meurtri par des années d’instabilité.

Relégué en  Serie C en 2021, plombé par les dettes, les changements  incessants d’entraîneurs et une gouvernance souvent critiquée, le club semblait condamné à végéter dans l’anonymat du football italien. Le retour de Verratti agit alors comme une secousse émotionnelle et identitaire : celle d’un enfant du pays qui refuse de voir disparaître le club qui l’a révélé, à contre-courant d’un football moderne de plus en plus déconnecté de ses racines locales. Après une promotion héroïque en Serie B en juin 2025, Pescara a vécu une première partie de saison extrêmement compliquée dans l’antichambre du football italien.

Promu  après une longue traversée de la Serie C, le club des Abruzzes peine à s’adapter à l’exigence et à la rigueur d’une division où chaque point compte double. Les chiffres parlent d’eux- mêmes. Au cœur de l’hiver, Pescara pointe à la dernière place du classement, avec seulement deux victoires, neuf nuls et treize défaites en plus de 24 rencontres jouées. Une moyenne d’à peine 0,65 point par match qui révèle un manque de régularité et une fragilité structurelle évidente. L’équipe a concédé bien plus de buts qu’elle n’en a marqué, avec une défense qui demeure l’un des maillons les plus vulnérables du championnat (48 encaissés en 24 matchs) et une attaque qui, malgré quelques éclairs, se retrouve souvent à la peine pour débloquer des matchs fermés. Sportivement, Pescara a vécu des séquences contrastées qui traduisent à la fois des progrès et des reculs. Parmi les résultats marquants de la première moitié de saison, on compte un (2-2) accroché face à Mantova, où l’équipe a su montrer de la combativité pour revenir au score, ainsi qu’une défaite lourde (3-0) sur le terrain du Monza, où la ligne défensive a été mise à rude épreuve.

10 minutes en presque un mois !
Lorsque le mercato hivernal s’est ouvert en janvier 2026, le retour de Lorenzo Insigne à Pescara a d’abord été accueilli comme un coup de théâtre émotionnel et une bouffée d’oxygène pour une équipe lanterne rouge de la Serie B. À 34 ans, l’ancien capitaine emblématique du Napoli et champion d’Europe avec l’Italie a signé un contrat jusqu’à la fin de saison (avec option en cas de maintien) pour tenter de relever un club en plein marasme, sans club depuis son départ de Toronto.

Dans ses premières déclarations publiques, Insigne a expliqué que sa décision n’était pas motivée par l’argent, mais par un attachement sincère au club qui l’a révélé et par l’envie d’aider Pescara à se sauver. Selon plusieurs médias italiens, il aurait même offert à jouer pour 0€. « J’avais d’autres offres, mais j’avais promis au président qu’en Serie B, je ne jouerais que pour Pescara. Il y a eu des contacts avec Naples et j’ai exprimé ma volonté de jouer gratuitement, mais finalement rien ne s’est concrétisé », a déclaré Insigne. Cette arrivée fut présentée comme un retour aux sources romantique, évoquant la saison 2011- 2012 où il avait contribué à propulser les Biancazzurri vers la Serie A aux côtés de Marco Verratti et Ciro Immobile.

« Je me sens bien physiquement, je m’entraîne avec l’équipe et j’ai un programme personnalisé. Je crois en notre maintien et j’espère que nous pourrons offrir aux supporters une fin de saison positive », avait-il ajouté. Pourtant, malgré l’enthousiasme médiatique et populaire autour de cette signature, le conte de fées s’est rapidement transformé en désillusion. Arrivé au cœur d’une équipe qui galère en bas de tableau, Insigne n’a pas encore réussi à inverser la tendance.

Loin d’avoir l’impact décisif escompté, il n’a pas encore trouvé sa place dans le onze de départ et son influence sur les résultats reste très limitée quelques semaines après sa présentation solennelle. Les attentes étaient immenses,certains voyaient en lui le leader capable de galvaniser une équipe en crise, mais en réalité, sa condition physique, son rythme de compétition et l’adaptation à un football italien plus rugueux qu’en MLS se sont avérés des obstacles trop importants à surmonter rapidement.

Là où Pescara espérait voir son idole relancer une saison moribonde, l’impact tangible sur le terrain est encore à prouver après 10 minutes jouées en presque un mois de compétition, et le maintien en Serie B demeure incertain.