Le FC Barcelone met fin à une polémique improbable autour de Lamine Yamal

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Sous pression après deux revers, le FC Barcelone s’est relancé face à Levante (3-0), mais l’image d’un Lamine Yamal contrarié à sa sortie a failli voler la vedette au succès catalan. Hansi Flick a désamorcé la polémique, sans totalement éteindre le mystère.

Le doute planait au-dessus du FC Barcelone comme un nuage d’orage prêt à éclater. Giflé par l’Atlético de Madrid en Coupe du Roi puis renversé par Girona en Liga, le géant catalan abordait cette 25e journée avec l’obligation de répondre, sportivement… et nerveusement. Face à lui, un Levante moribond, dirigé par Luis Castro et encore marqué par sa défaite contre Villarreal. Sur le papier, tout semblait écrit d’avance. Sur le terrain aussi, très vite. Aligné en 4-3-3 par Hansi Flick, avec João Cancelo, Robert Lewandowski, Lamine Yamal, Raphinha et Dani Olmo en fers de lance offensifs, le Barça a étouffé le suspense, du moins celui du match. Car un autre, plus discret mais bien plus intrigant, commençait déjà à naître en coulisses.

Le ton était donné dès la 4e minute quand Eric García profitait d’un ballon dévié par Marc Bernal pour tromper Mathew Ryan. Puis à la 32e, Frenkie de Jong doublait la mise sur un service millimétré de Cancelo. Le Barça déroulait, dominant outrageusement la possession, accélérant quand bon lui semblait, comme si la pression des derniers jours s’était soudain évaporée. L’entrée de Pedri, Ferran Torres et Fermín López en seconde période ne changeait rien à la physionomie avec cette maîtrise totale, cette autorité technique, et ce troisième but signé López pour sceller une victoire nette (3-0). Pendant que les Catalans reprenaient la tête du championnat, profitant du faux pas du Real Madrid contre Osasuna, le stade savourait. Mais au bord du terrain, un détail minuscule, presque invisible, allait bientôt faire beaucoup de bruit.

La frustration de Lamine Yamal pointée du doigt

Car la soirée parfaite du Barça a bien failli être éclipsée par une scène furtive : le visage fermé de Lamine Yamal au moment de sa sortie. Remplacé dans les dernières minutes, le prodige de Rocafonda a regagné le banc sans masquer sa frustration, évitant même le regard de son entraîneur. Un instant de tension capté par les caméras, amplifié par les réseaux, et aussitôt transformé en début de feuilleton médiatique. Interrogé à deux reprises après la rencontre, Flick a calmé le jeu avec une sérénité calculée : «Était-il en colère contre sa performance ? C’est normal, le plus important, c’est que nous ayons gagné et que nous ayons des joueurs qui méritent de jouer». Avant d’ajouter, presque agacé par l’insistance : «Vous accordez tous beaucoup d’importance à tout ce que fait Lamine, je n’ai aucun problème avec cette réaction, il est humain». Des mots simples laissant malgré tout planer le doute.

Officiellement, le club a refermé le dossier aussi vite qu’il s’était ouvert. En interne, on insiste sur une réaction normale d’un compétiteur frustré, selon le journal Sport. Hansi Flick a préféré détourner la lumière vers la prestation collective et vers João Cancelo, qu’il a qualifié de « fantastique ». Pourtant, dans les couloirs du stade, certains journalistes catalans n’ont pas manqué de noter que l’entraîneur allemand avait soigneusement évité tout contact avec son ailier au moment du changement, comme le précise Sport. Coïncidence ou gestion calculée d’un ego en pleine ascension ? Difficile à dire. Une chose est sûre. Pendant que le Real Madrid a chuté, le Barça savoure son fauteuil de leader, l’épisode Yamal, lui, n’a peut-être pas livré son dernier rebondissement. Et dans la capitale catalane, on le sait, les polémiques les plus improbables sont souvent celles qui durent le plus longtemps.