Lina Grueu choisit l'Algérie, un effet "Kaylia Nemour" sur les tatamis
Le judo algérien vient de réaliser une acquisition stratégique de taille. À 21 ans, la prometteuse Lina Grueu a officiellement obtenu son autorisation internationale le 23 février 2026, lui permettant de porter désormais les couleurs de l'Algérie. Ce document administratif marque la fin de son parcours sportif sous la bannière allemande et ouvre une nouvelle ère pour la sélection nationale. Formée à la rigueur de l'école allemande, Grueu s'est distinguée dans les catégories de jeunes, décrochant notamment deux médailles d'or lors de tournois européens ouverts, une performance qui a immédiatement attiré l'œil des recruteurs de la Fédération Algérienne de Judo (FAJ).
Cette démarche s'inscrit dans une stratégie claire de la part des instances sportives : injecter du sang neuf et de l'excellence technique pour redynamiser une discipline qui a connu un certain essoufflement ces dernières années. Le parcours de Lina Grueu rappelle inévitablement celui de la championne olympique Kaylia Nemour. À l'instar de la gymnaste qui a troqué le justaucorps tricolore pour celui de l'Algérie avant de décrocher l'or historique aux Jeux Olympiques, Lina Grueu incarne cette "bi-nationalité sportive" mise au service des ambitions nationales. Les espoirs placés en elle sont immenses, avec en ligne de mire les Jeux Olympiques de 2028.
Cependant, cette tendance à recruter des talents formés à l'étranger ne manque pas de susciter le débat au sein de la famille du judo algérien. Si pour beaucoup, l'arrivée de Grueu est une aubaine pour élever le niveau de compétitivité immédiat, certains analystes y voient le reflet d'une crise de la formation locale. Le judo, sport historiquement pourvoyeur de médailles en Algérie, possède une base populaire solide qui, selon ces observateurs, mériterait un investissement structurel plus profond pour ne pas dépendre exclusivement de l'apport extérieur.
Quoi qu'il en soit, le choix de Lina Grueu est avant tout celui du cœur et d'une conviction personnelle profonde. En acceptant de défendre l'emblème national, elle s'apprête à relever un défi de taille : transformer son potentiel européen en succès continentaux et mondiaux pour l'Algérie. Le soutien du public et des autorités sportives sera déterminant pour que cette "Nemour du judo" puisse écrire, elle aussi, sa propre légende et redonner au judo algérien son lustre d'antan sur la scène internationale.
LYDIA. K
