"Nous avons fini avec des chameaux" selon Pat Symonds
formule 1-- les nouveaux moteurs font encore jaser :
Alors que les écuries terminent de plancher sur leur mouture pour la saison 2026 et sa nouvelle réglementation, celle-ci continue continue de faire grincer des dents. Pat Symonds, consultant de la nouvelle écurie Cadillac et ancien directeur technique de la F1 n'a pas mâché ses mots quant aux moteurs qui seront utilisés dans les prochains mois, les qualifiant de "chameaux".
Pat Symonds connaît une ou deux choses sur la Formule 1. Ancien responsable du développement chez Benetton quand Michael Schumacher devenait champion du monde en 1995, ingénieur en chef de Fernando Alonso lors de son doublé pilote chez Renault, le consultant du nouveau projet Cadillac
a une expérience considérable de la catégorie. Alors son avis sur la nouvelle réglementation technique ne manque pas d'intérêt. Ni de piquant.
Le Britannique s'est exprimé au média spécialisé Autocar et n'a pas été tendre avec la nouvelle motorisation que vont devoir adopter les écuries en 2026.
C'est d'ailleurs en partie ces mêmes moteurs et le nouveau règlement dont il fait partie qui ont indirectement conduit Symonds à rejoindre Cadillac, alors qu'il était depuis 2017 le directeur technique de la Formule 1, et un des grands artisans de la petite révolution qui avait eu lieu en 2022. Symonds a ainsi quitté son poste, alors qu'il était aussi à l’œuvre sur ces nouvelles modifications, face à la volonté de la FIA d'avoir la
main sur la partie technique assure-t-il. "Avec la partie moteur de 2026, la FIA a dit vouloir impliquer davantage les manufacturiers (Mercedes, Ferrari, Honda, Audi, Red Bull Ford, ndlr). Malheureusement, quand vous laissez un comité dessiner un cheval de course, vous finissez avec un chameau" a-t-il asséné.
"Quand on a fait les voitures de 2022, nous avons écouté ce que les équipes nous disaient, mais nous les avons gérées de main ferme, clame-t-il. Nous leur avons dit 'd'accord, nous vous écoutons, mais nous allons faire cela'. Donc nous avons pris en considération certains de leurs retours. Nous savions qu'elles avaient toutes leurs intérêts. C'est l'avantage d'avoir passé tellement d'années dans cette compétition.
Nous avons ainsi été assez rigides sur ce que nous voulions." Pour 2026, la voix d'une écurie a résonné un peu plus fort aux oreilles de la FIA, qui a pris le contrôle sur la dimension technique, retoquant notamment la proposition des organisateurs de la F1 d'utiliser l'essieu avant et l'énergie qui pouvait être générée par les roues. "Mais malheureusement, à cause de l'approche du comité technique de la FIA, une équipe était très opposée à cette récupération par l'essieu avant. Je crois que le président d'alors, Jean Todt, pensait que nous voulions parler de quatre roues motrices, ce qui n'était pas le cas, nous parlions de récupération d'énergie.
À cause de cette approche démocratique, un des cas où la démocratie n'est pas une bonne chose, nous avons fini avec ce chameau. Oui, il existe des manières de contourner cela, mais pas des bonnes". Plus d'optimisme sur les autres évolutions Les moteurs sont décidément dans le viseur, alors que Motorsport-Magazin assurait le 19 décembre dernier que les constructeurs grondaient face à une possible faille du règlement que devrait exploiter Mercedes, et possiblement Red Bull Ford. Pat Symonds se montre toutefois un peu plus rassurant pour le reste des évolutions de cette nouvelle ère de la F1. "Les blocs moteur de 2026 n'ont pas fini comme nous le voulions.
Mais le châssis, l'aérodynamisme, je les trouve plutôt bons. L'aéro active est un bon pas en avant." Premiers éléments de réponse sur ce règlement de la
discorde fin janvier à Barcelone (26 au 30 janvier) puis à
Bahreïn (11 au 13 février, puis 18 au 20 février).
R. S
