A quel point faut-il s'inquiéter pour Wout Van Aert?
cyclisme
Dimanche soir, l'inquiétude s'est emparée de la toile au moment où le quotidien L'Equipe a révélé que la blessure de Wout Van Aert pourrait être plus grave que prévu. Une information à l'opposé de celles communiquées par son équipe. Qu'importe, cette blessure va le retarder dans sa préparation pour les Flandriennes. Pas idéal, mais pas forcément rédhibitoire non plus.
Au moment où la roue de Wout van Aert s'est dérobée dans la neige épaisse, personne ne s'imaginait la gravité de ce qui venait de se dérouler. C'est lorsque l'on a vu le Belge descendre de son vélo et courir à côté en boitant très bas que tout le monde a vu que quelque chose clochait. Son abandon, le premier en cyclo-cross en catégorie élites, n'était pas anodin. Dans la soirée de vendredi, l'équipe Visma | Lease a Bike communiquait sur une "petite fracture" de la cheville pour le Belge.
Depuis que le natif de Herentals est passé sur le billard, samedi, les rumeurs vont bon train sur la réelle nature de sa blessure. Selon les médias belges, la reprise devrait se faire assez rapidement, sous quelques semaines. L'inquiétude est, elle, née d'une information de l'Equipe, publiée dimanche, selon laquelle le coureur de 31 ans aurait la malléole touchée lors de sa vilaine entorse. Une donne qui compliquerait grandement la convalescence du Belge et rallongerait son temps passé loin des routes, après son opération.
Une pause, ce n'est jamais bon
Dans ce marasme d'informations, difficile d'y voir clair et de déceler le vrai du faux. Ce qui est sûr, c'est qu'à l'époque d'un cyclisme toujours plus millimétré, dominé par des champions d'exception – dont fait partie Wout Van Aert – un accroc de près d'un mois dans la préparation n'est jamais bon. Face à Mathieu Van der Poel qui survole les labourées, sans anicroche ou presque et Tadej Pogacar qui, aux dernières nouvelles, suit un hiver studieux, être forcé au repos en janvier, à trois mois des grands rendez-vous de la saison du
Belge n'est pas idéal.
Obnubilé par les classiques flandriennes, le Tour des Flandres (5 avril) et Paris-Roubaix (12 avril), le Belge axe sa saison presque uniquement autour de ses rendez-vous. Sans succès jusqu'ici. Mais on l'a vu notamment sur les pentes de Montmartre, le vainqueur de Milan-San Remo en 2020 a
toujours dans ses cordes des victoires de prestige, même face à l'ogre Pogacar. Cet hiver aussi, et même sur la neige de Mol, le Belge a montré qu'il retrouvait des sensations, comme l'a remarqué Steve Chainel, consultant cyclo-cross pour Eurosport.
"Depuis le début de la saison de Van Aert en cyclo-cross, à aucun moment je ne l'ai vu calculer et vraiment être sur la retenue", balayait notre consultant. Des déclarations qui rejoignent celle de Wout van Aert, publiées par son équipe après sa blessure. "Je me sentais de mieux en mieux, y compris à Mol", avait-il indiqué dans une déclaration transmise par son équipe, indiquant se concentrer sur la préparation pour sa saison sur la route. Une chose est certaine, les efforts réalisés dans la poignée de cross qu'il a courus resteront, et sa préparation de décembre aussi.
Désormais, il lui faut bien gérer sa convalescence sur une partie du corps qui n'est pas sollicitée outre-mesure lors des coups de pédale, ce qui pourrait l'avantager quelque peu et accélérer sa guérison. "Il est en train de manger son pain noir, il y a des périodes comme ça où dans la vie, pas que sur le vélo, il y a des choses qui ne vont pas, on a un petit peu la scoumoune. Mais je pense qu'il va nous faire un très gros Tour des Flandres et un très gros Roubaix, c'est tout le mal que je lui souhaite", espérait l'ancien cycliste professionnel. Dans tous les cas, la préparation ne sera pas idéale, mais avec Wout van Aert, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer. On l'a vu sur les pavés de Montmartre, il est capable de tout. Et c'est ce qui fait tout son charme.
R. S
