La réunion d'urgence du Comité Exécutif de la CAF Motsepe bousculé, Véron en fuite et Lekjaa absent
crise au sommet du football africain
Rien ne va plus au sein de la Confédération Africaine de Football (CAF). La réunion d'urgence du Comité Exécutif, tenue ce vendredi 13 février 2026, a tourné au chaos, révélant des fractures profondes et une contestation sans précédent contre la gestion du président Patrice Motsepe.
Entre boycotts diplomatiques, accusations de corruption et aveux d'incompétence, l'instance faîtière du football africain semble au bord de l'implosion. Le ton a été donné dès l'ouverture de la séance par l'absence remarquée de figures de proue. Fouzi Lekjaa (Maroc) a brillé
par son absence, tout comme le Secrétaire Général Véron Mosengo-Omba, dont l'absence pour "raisons familiales" a été immédiatement interprétée par de nombreux membres comme une fuite délibérée face aux critiques acerbes qui le visent. De nombreux délégués (Algérie, Égypte, Cameroun, Mauritanie) ont boycotté le présentiel, préférant assister via visioconférence en signe de protestation.
Une gestion de crise chaotique
Pendant quatre heures, Patrice Motsepe a tenté, tant bien que mal, de limiter les débats à l'évaluation de la CAN 2025 au Maroc, ignorant les neuf autres points inscrits à l'ordre du jour. Dépassé par la colère des membres, le président a été interpellé sur son inertie face aux réformes promises. Les revendications ont été claires : dissolution immédiate de la Commission des arbitres et restructuration du Secrétariat Général. Deux noms circulent désormais pour remplacer Véron Mosengo-Omba : le Nigérian Samson Adamu (soutenu par une partie de la CAF) et le Suisse d'origine africaine Gelson Fernandes (favori de la FIFA).
L'aveu stupéfiant du président des arbitres
Le moment le plus surréaliste de la réunion est venu de l'intervention de M. Safari, président de la Commission des arbitres. Interrogé sur les scandales d'arbitrage de la dernière CAN, le Congolais a admis ne pas connaître la majorité des arbitres ayant officié durant le tournoi, suggérant que les désignations avaient été faites par l'administration de la CAF sans son aval. Plus grave encore, il a justifié l'absence de sanctions contre les joueurs sénégalais lors de l'incident de la finale (retrait temporaire du terrain) par une volonté de "ne pas gâcher la fête", une déclaration qui a provoqué l'indignation générale et conduit certains membres à lui couper la parole.
Protestations et nominations contestées
Samuel Eto'o (Cameroun) a également pris la parole pour dénoncer ce qu'il qualifie d'injustice après sa suspension de quatre matchs par la commission de discipline. Le climat s'est encore alourdi lors de l'annonce de la nomination d'un nouveau directeur des affaires juridiques, Cédric Agay, effectuée sans consultation préalable du Comité Exécutif.
Face à cette atmosphère électrique, Patrice Motsepe a précipitamment clos la séance pour rejoindre sa conférence de presse. Il y a démenti tout report de la CAN 2027 (maintenue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda) et a évoqué, dans une annonce surprise, un possible passage de la compétition de 24 à 28 équipes à l'avenir.
Le silence assourdissant sur le sort de la CAN Féminine et le flou entourant l'organisation des futures compétitions laissent présager que ce "séisme" n'est que le début d'une ère de turbulences majeures pour le football continental.
Salim. D
